Note de voyage Buti, octobre 2009

Note de voyage N° 03

Bref compte rendu de

La rencontre de

BUTI

23/24 octobre 2009

L’île étant, par nature, entourée d’eau de tous côtés, nous n’avions pas d’autre possibilité que l’unique bateau du vendredi qui fait la traversée entre Bastia et Livorno et qui arrive  à 17h30. Le temps de trouver le chemin, et nous voilà, Ghjuvan-Petru Ristori, Petru Santucci et moi à Buti presque à la fin de la journée. Mais quand même à temps pour assister, dans le charmant teatrino , à la représentation de la Natività . Ecrite par le poète Nello Landi, elle était présentée dans le cadre d’un hommage  qui lui était rendu et de la publication d’un ouvrage éponyme.

Chantée sur la mélodie de l’ottava, et bâtie sur le même plan métrique, cette Natività illustre, plus que la contamination - mot utilisé par le metteur en scène -  la fécondation réciproque de la tradition par la création et de la création par la tradition. De la mémoire par le quotidien, ou de la réalité par le mythe.  L’ « objet culturel nouveau » qui naît de cette union ne peut pas être regardé de la même façon qu’une autre production, qu’elle soit issue du monde des professionnels de la culture ou de celui dit de la « culture populaire ou traditionnelle ». La subjectivité l’emporte, et notre pensée critique en est modifiée. C’est un phénomène sur lequel l’autoanalyse est difficile, voire impossible, mais qui est un champ ouvert à de nouveaux travaux.

Le lendemain matin, nous allons, Ghjuvan-Petru et moi, chercher les trois jeunes poètes Cristofanu Limongi, Ghjuvan-Battista Albertini et Ghjuvan-Federicu Terrazzoni à Livorno, et c’est ainsi que notre retour tardif, une nouvelle fois, à Buti m’a fait manquer le Conseil scientifique, ce qui m’a rempli de confusion par rapport à mes collègues. Ils ont eu  l’amabilité de m’en faire le compte rendu oralement.

Il faut quand même parler de la qualité des repas, et rendre hommage à la cuisine toscane, tout en observant que les après midi sont de ce fait parfois somnolents dans leurs débuts.

Présentation du livre-DVD consacré par Nello Landi, dont le détail est sur le programme, et émouvante réponse de Nello en personne. Et « contrasto in ottava rima », a sujets imposés selon l’usage. Maitrise, naturel (chez les plus âgés), qualités vocales et gestuelles (chez les plus jeunes) il s’agit bien là d’un art vivant.

Petru Santucci présente ensuite brièvement le « chjama e rispondi », et les poètes entament une libre conversation, et là apparaît une des différences fondamentales avec l’ottava rima. Passant, comme Nello, de la poésie au théâtre, Jean Pierre Giudicelli brosse ensuite un panorama des expériences contemporaines corses.

Pietro Clemente présente le livre de Maria Manca, et les observations se poursuivent avec les autres intervenants sur cette somme de travail. Maria y réponds point par point, avant que les poètes sardes ne se livrent à une « gara » en réduction : 20 minutes au lieu de 2 ou 3 heures ! Mais c’est suffisant pour observer qu’ils sont aussi différents des corses, par la ritualité stricte qu’ils observent, que des toscans, par leur musicalité si prégnante. Malgré sa lenteur, l’expérience de traduction instantanée par projection mérite d’être poursuivie et développée.

Enfin, le poète palestinien et son miroir nous transportent de l’autre côté de la Méditerranée, et des chants hébraïques de Livorno nous y ramènent.

Toni Casalonga,

Le 26/09/2009.