Note de voyage à Villafranca

Note de voyage N° 02

Bref compte rendu du

CONSIGLIO SCIENTIFICO

Villafranca, 28 septembre 2009

Départ de Pigna par une belle journée ensoleillée, embarquement sur le port de Bastia où je suis surpris par le nombre très important de passagers en ce début d’automne. Tous ces gens, toutes ces automobiles étaient donc en Corse ? C’est un phénomène assez nouveau que de voir la « saison » se poursuivre aussi tard, qui augure sans doute de mutations économiques positives. Mais je me pose la question : que sont-ils venus faire ?

La traversée est écourtée par une longue conversation avec un ami et collègue sculpteur qui va à Carrara chercher du marbre, et récupérer des bronzes qu’il a fait couler. Mais j’ai quand même le temps de lire quelques pages du beau livre de Maria Manca.

Arrivée à Livorno à 17h30, autoroute, puis montée par la SS 62 jusqu’à Villafranca où j’avais réservé une chambre dans un charmant et vieillot hôtel. Après un agréable souper et une nuit paisible, je découvre la vieille ville, qui pourrait être pittoresque si elle n’était pas si marquée par l’abandon.

Très belle salle voûtée d’un ancien moulin, acoustique parfaite. Ambiance studieuse au Conseil Scientifique : Pietro Clemente dresse un tableau clair de la situation, met en exergue les points essentiels, signale les efforts à accomplir et les difficultés à surpasser. Un vrai travail de président, avec douceur et humour.

Suit une intervention de la Dottoressa Babboni sur le rapport entre patrimoine immatériel et tourisme, dont j’ai énormément apprécié le glissement sémantique de « touriste » à « voyageur », et qui posait, à propos de la valorisation du territoire par la conscience de son identité, cette question : «Perchè la gente si muove ? » Ce qui m’a amené à réfléchir, par antithèse, au tourisme comme phénomène industriel pour lequel la question serait : « Perchè il tour-operator muove la gente ? ». La réponse attendue est différente ici de celle espérée à la première question.

Après une visite commentée avec une passion communicative par son responsable du Musée ethnographique, notre découverte de la Lunigiani se poursuit par un fastueux déjeuner, véritable cas concret de l’identité en action hic et nunc !

La réunion se conclue sur :

-         La nécessité d’apporter des réponses techniques pour une catalogation susceptible d’être accessible à l’ensemble du réseau

-         La rédaction par Pietro d’un « cahier des doléances » adressé à l’administration pour faire cadrer « la pratica e la grammatica »

-         Un éventuel projet de séminaire-concert final, sur le thème d’Othello, « la donna ingiustamente sospettata di tradire il marito », peut-être personnifiée par Vannina d’Ornano, dont nous reparlerons à Buti

Puis la route au soleil couchant, une nuit à Livorno, départ, mer calme à travers l’archipel toscan, la Gorgona, la Capraia, le Capo Corso à l’horizon, et quelques pages de Maria Manca plus tard, Bastia puis Pigna.

Toni Casalonga,

Le 29/09/2009.